• Les belles promesses – Pierre LEMAITRE

    Voici le quatrième et dernier volet de la série de Pierre Lemaitre consacrée à la famille Pelletier. Nous sommes à présent au début des années 60 et l’inénarrable Jean alias Bouboule est au firmament d’une carrière que peut lui destinait. A la tête d’une chaine de magasins de vêtements, il côtoie à présent le monde des affaires parisien et se voit proposer d’accompagner des projets d’envergure. Nous sommes en pleine période de l’essor de la voiture reine et il faut donc des routes pour faciliter la circulation, et quoi de mieux que la construction du périphérique ceinturant Paris pour « faire des affaires » ? Mais c’est dans un autre registre que Jean va briller, obtenant un statut inattendu suite à une de ses actions que nous ne dévoilerons pas. Rassurez-vous, l’insupportable et terrible Geneviève est toujours à ses côtés et on peu compter sur elle pour lui rendre la vie impossible, comme à une bonne partie de son entourage d’ailleurs. Mais tout n’est pas rose dans la famille Pelletier, notamment du côté de François, qui était le personnage principal du troisième volet, et qui dans Les belles promesses va avoir de gros problèmes de conscience, remettant son nez dans de vieilles histoires de meurtres qui ont jalonné les trois premiers volumes de la série. Au point de mettre la stabilité de la famille en danger ? En parallèle, il sera question de Manuel, un jeune homme à la trajectoire diamétralement opposée à la famille Pelletier et que le talent de l’auteur va pourtant faire se télescoper.


    On replonge avec plaisir et un peu de tristesse dans ce dernier tome, retrouvant cette famille complexe avec comme toile de fond, comme toujours chez Pierre Lemaitre, une étude de la société et de ses mœurs (les hommes d’affaires en prennent pour leur grade) tout en ayant le plaisir de suivre ce feuilleton aux rebondissements hugoliens et cette maîtrise des phases de suspens aussi bien que des parties plus émouvantes. Un très beau clap de fin en espérant peut être une nouvelle série ? Qui sait, avec les Pelletier, rien ne semble impossible !


    Calmann Levy – 23.90 euros


    Parution le 6 janvier 2026



  • Diables blancs – James Robert BAKER

    Tom Dunbar a connu un très gros succès littéraire. Son premier roman a fait sensation, un véritable phénomène d’édition, et lui a apporté la gloire et la fortune. Les choses se sont corsées d’une part lorsqu’il a dû s’atteler à son deuxième roman (qui n’a remporté qu’un succès d’estime – pour dire qu’il n’a pas du tout marché -) et d’autre part lorsque sa femme, Beth, a souhaité lancer un restaurant (en utilisant une très très grosse partie des économies du ménage) et qui s’est avéré un échec cuisant. Heureusement pour eux, le père de son épouse est lui aussi écrivain, un auteur à succès a continué au-delà du premier roman et qui est à la tête d’une fortune colossale. Il reste donc la possibilité pour sa fille de lui demander un petit coup de pouce, manière de repartir sur de bonnes bases, ce que le père va s’empresser de…refuser. La situation mentale de Beth n’étant pas au beau fixe et l’état d’esprit de Tom n’étant pas lui non plus dans une spirale très positive, les deux époux vont mettre en route un engrenage infernal. Ah oui, pour l’anecdote, le gros succès de Tom était un « true crime ». De quoi avoir quelques inspirations ?


    Très bon roman, inédit, de James Robert Baker, un auteur inconnu dans nos contrées, mort suicidé en 1997 qui a eu un peu une trajectoire ressemblant à celle de son héros Tom. Après avoir connu un certain succès, il s’est retrouvé boycotté pour avoir écrit un roman jugé trop subversif dans les années 90. Diables blancs et donc un roman jamais publié et Monsieur Toussaint Louverture, après la remise en avant de Michael McDowell, nous propose donc de découvrir un nouvel auteur avec un roman diabolique comme l’indique son titre ! 


    Monsieur Toussaint Louverture – 20.90 euros.


    Parution le 6 février 2026



  • La guerre des os - Benjamin HOFFMANN

    À la fin du XIXe siècle, deux scientifiques américains, Charles Marsh et Edward Cope, se livrent une compétition sans merci pour exhumer des squelettes de dinosaures et régner sur la paléontologie naissante. Afin de gagner cette guerre des os, Marsh, Cope et leurs mercenaires emploieront tous les moyens : le vol, la corruption, l’espionnage et la violence.

    Dans leur quête de fossiles géants, ils rencontrent Buffalo Bill et le chef sioux Red Cloud, le général Custer et le président Ulysses S. Grant, au temps où les États-Unis sont transformés par la conquête de l’Ouest et la guerre de Sécession, la Ruée vers l’or et la première voie ferrée transcontinentale. Illustré de documents d’époque, ce récit haletant retrace la naissance de la science et de l’Amérique moderne. À l'issue de la guerre des os, les deux hommes sont ruinés et discrédités socialement par leurs tentatives de se surpasser et de se déshonorer. Un western haletant sur fond de braquage de caisses remplies...d'os !


    Denoël – 22 euros

  • Fox - Joyce Carol OATES

    Francis Fox est un professeur séduisant, trop pour être honnête. Quand il est recruté par un collège privé prestigieux du New Jersey, seule la directrice est méfiante: son instinct lui conseille la prudence pourtant, elle va rapidement, à l'instar de ses collègues, se laisser hypnotiser par ce bel homme qui semble si compréhensif, si intelligent, impliqué dans son travail et tellement serviable.


    Alors, attention, ce roman n'est pas à mettre entre toutes les mains : Joyce Carol Oates va encore plus loin dans l'exploration du mal que dans "Boucher", son précédent roman qui brossait le portrait très cru d'un gynécologue pervers et obsédé par les organes sexuels des femmes qu'il prétendait soigner. Elle aborde ici le thème de la pédocriminalité de façon explicite, et c'est poisseux et dérangeant.

    Cette lecture est éprouvante : 800 pages d'une écriture qui analyse froidement le mécanisme psychologique qui se met en place. Elle nous prend au piège du cerveau malade de Fox (est-ce vraiment son nom? ) et c'est là toute la force de ce roman: nous sommes au cœur des pensées malsaines du personnage, de ces hésitations, de ses calculs. Puis on bascule dans le regard des victimes. Tout est décortiqué et peu à peu, les zones d'ombre volontairement passées sous silence par le rusé professeur d'anglais, se dévoilent. L'engrenage se met en marche inéluctablement et le lecteur reste comme sidéré par l'aveuglement des adultes devant tant de virtuosité. Elle interroge la façon dont la fascination pour une personnalité charismatique prend le pas sur la réalité et sur la véritable nature des agissements du personnage, comment ses paroles amènent ses victimes à se penser différentes, impatientes d'être choisies, consentantes et désespérées, un chef-d'oeuvre de manipulation mentale!  


    Philippe Rey – 25 euros

  • Sainte Emmerderesse - Audrey ALWETT

    Audrey Alwett, autrice de plusieurs série BD (notamment Le Grimoire d’Elfie, Le Jardin des fées et Princesse Sarah), mais aussi de romans jeunesse (dont la trilogie Magic Charly)  nous offre un premier roman qui décape ! 


    Suzanne, une aide-soignante au passé douloureux, profite d'avoir gagner au Loto pour fuir et se construire une nouvelle vie : elle achète un manoir dans un coin de Normandie pétri de racisme et d'homophobie. Sur ses terres, elle découvre la tombe de Sainte Emmerderesse et décide de la faire renaître de ses cendres avec ses 3 colocataires, personnages hauts en couleur. Cette sainte patronne des emmerdes, dont on découvrira l'histoire au fil du livre est aussi puissante qu'insolente. Elle emporte ses adeptes, assoiffés de justice, dans une aventure des plus réjouissante et des plus libératrice. Impertinent, joyeux, malicieux. Que Sainte Emmerderesse veille sur vous !


    Editions Héloïse d'Ormesson – 22 euros



  • L'électricité dans mon corps - Anna-Livia MARCHIONNI

    Le narrateur et personnage principal de ce roman est un jeune homme de 24 ans, Danny, dont le cerveau, de son propre aveu, n'est pas branché correctement. C'est pour ça que tout va de travers dans sa vie, pour cela aussi qu'il est régulièrement traversé par des crises qu'il décrit comme des décharges électriques. Seul son papa chéri semble le comprendre, accepter son « comportement » qui lui vaut d'être considéré comme un fou, un dangereux dérangé. 

    Il rêve de courses folles à moto, il aimerait que Jessie réponde à son poème d'amour, il voudrait avoir les beaux cheveux de Pocahontas bref, devenir adulte et mener une vie normale.

    Le voisin qui vient d'emménager avec sa voiture de luxe sera peut-être, en devenant son employeur, le début d'une autonomie que Danny appelle de tous ses vœux. Histoire aussi d'enfin faire ravaler à sa mère, surnommée le caporal-chef, tous ses reproches et sa lassitude vis à vis d'un fils qui ne correspond pas à ses attentes. Jusqu'au jour où un viol en réunion est commis dans la région, le coupable idéal semble tout trouvé.

    Entre accès de rage, questionnements existenciels et désirs naissants, ce roman s'empare de vous avec la force d'une langue à la fois abrupte et d'une lucidité remarquable. C'est une plongée dans la psyché d'un être atypique, tourmenté et parfois si proche de nous dans ses élans, ses craintes d'être mis à l'écart, de ne jamais appartenir à un groupe.

    Une lecture immersive, saisissante, l'occasion de penser autrement et d'ouvrir notre regard sur la difficulté à vivre dans notre monde pour les personnes neuro atypiques.


    Le Sonneur - 19 euros


  • La voie – Gabriel TALLENT

    En plein désert Mojave, Dan et Tamma sont des lycéens plutôt en marge. La base de leur amitié repose sur leur passion commune : grimper. Mais grimper de manière totalement « rock’n roll » : aucune consigne de sécurité respectée, un matériel déféctueux et quasiment inexistant, et quelques vidéos YouTube comme inspiration quand ils se retrouvent au pied du mur. Ce sont donc deux véritables « trompe la mort » qui se challengent, se motivent, se provoquent, pour dépasser leurs limites. C’est aussi l’histoire de deux trajectoires, celle de Dan dont la mère a constitué un bas de laine pour l’envoyer à l’université afin qu’il puisse entreprendre de brillantes études que son potentiel intellectuel pourrait lui permettre. De l’autre côté, celle de Tamma, dont la mère jongle plutôt entre le trafic de drogue et les petits boulots, qui n’attend que la fin des études de sa fille pour qu’elle puisse enfin participer financièrement à la vie chaotique de sa famille. Alors se pose la question pour les deux adolescents de faire un choix : vivre sa vie à fond en gravissant le maximum de sommets, une sorte de vie de bohème ou se ranger et suivre une voie plus banalisée et donc plus sûre ?


    Voici le deuxième roman de Gabriel Tallent qui après « My absolute darling » revient avec un beau roman sur l’arrivée de l’âge adulte, celui qui nécessite de faire les choix qui vont le plus souvent impacter la suite de l’existence. Les deux jeunes héros sont attachant de par leur spontanéité, leur fraicheur, la jeunesse leur donnant encore accès à tous les rêves.  Mais cette phase s’accompagne aussi des doutes, des tourments, de la dose de confiance inouïe (de l’inconscience ?) dont il faut faire preuve parfois s’il on veut atteindre ses rêves. Ce n’est pas si souvent que l’escalade fasse l’objet d’un roman mais finalement quelle meilleure métaphore de la vie ? des voies à choisir, des difficultés, des risques plus ou moins anticipés, parfois la chute avec en tête de s’élever au plus haut et tracer sa route…


    Gallmeister – 25.90 euros.


    Parution le 21 janvier 2026



  • La vie entière - Timothée DE FOMBELLE

    Paris, 1942. Claire attend son chef de réseau. Elle tape ce que lui dicte cet homme qu'elle ne connaît que par son pseudonyme, Blanche, afin d'alimenter les réseaux de la résistance d'informations capitales. S'il a du retard, la consigne est claire, elle doit tout laisser, partir, surtout se dépêcher. Le jour où il ne vient pas, cependant, elle en est incapable. Cet homme représente tous ses rêves, ses envies de vivre sans la guerre. Alors elle l'attend, et tape tout sur sa petite machine à écrire. Ses souvenirs, ses espoirs, ses rencontres… C'est un tourbillon, un souffle de vie qui vous emporte au plus près de Claire et de sa petite chambre mal chauffée. 

    “J'ai des souvenirs d'avance. Je les écris dans le désordre, très vite, pour rester vivante. Quand ils n'ont pas encore existé, je les invente.”

    Thimothée de Fombelle, après des romans pour les plus jeunes, conserve ce style poétique, ses phrases douces qui le caractérise et surtout, sa capacité à vous emmener très loin avec ce texte court et fort. 


    Gallimard - 10 euros


  • A propos de Nora - Kristin KOVAL

    Sonatine nous offre un de ces romans au suspens psychologique qui vous happe et vous tient en haleine jusqu'au dernier chapitre. Pourquoi Nora, une jeune adolescente a t-elle tué son frère dont elle était pourtant très proche avec l’arme à feu de leur père. 

    Quelles sont les raisons d'un tel passage à l'acte ? La maladie de son frère, la drogue, un brutal changement de caractère lié à la puberté ? Quoi qu'il en soit elle est devenue une meurtrière. Et elle reste muette comme enfermée en elle-même, refusant toute discussion.  «(...) de nos jours, une fois que quelqu’un est accusé, tout le monde se précipite pour juger : c’est la présomption de culpabilité qui l’emporte. » Comment juger une enfant qui a commis un tel crime ? Certains souhaiteraient qu'elle soit traitée comme une adulte, et dans l'état du Colorado, son geste est passible de la peine de mort.

    La préparation du procès est complexe et Martine, une connaissance de la famille, avocate proche de la retraite, sollicitée pour assurer la défense de Nora va demander l'aide de son fils Julian, lui-même avocat plus au fait de ce genre de cas. 

    Il revient donc dans la ville de son enfance sachant pertinemment que sa présence va raviver des souvenirs douloureux pour lui comme pour la mère de Nora. 

    Le récit alterne entre le passé d'Angie, la mère de Nora, et le présent, avec les différentes étapes de la préparation du procès.

    Le pardon est centre de ce roman : chaque personnage ayant des secrets qui ont tous eu des conséquences sur la vie des uns et des autres. Chacun s'est arrangé à sa manière pour continuer à vivre et le geste de Nora fait voler en éclat le vernis des apparences.

    Ce roman ne vous laisse pas indifférent : par les thèmes abordés, culpabilité, non-dits, pardon, relations familiales, justice, l'autrice nous piège dans un récit profondément humain et particulièrement touchant.


    Sonatine - 24.50 euros

  • Les fantômes de Shearwater – Charlotte McCONAGHY

    Après son délicat polar écoféministe, « Je pleure encore la beauté du monde » (2024), l’Australienne Charlotte McConaghy revient avec un roman d’ambiance situé sur une île australe.

    Dominic Salt est gardien du phare de Shearwater, sur cette île située loin, au Sud de l'Australie, là où commence le froid. Il y a emménagé avec ses trois enfants à la mort de sa femme, pour y surveiller la réserve mondiale de graines. 

    Toute l'île est désormais menacée par la montée des eaux mais il n'envisage pas d'en partir : cette île, c'est sa vie et celle de ses enfants. Cela fait presque 10 ans qu'ils y sont bercés par le vent violent,  le chant des baleines et les murmures des fantômes qu'ils se sont créés. Rien ne semble pouvoir évoluer, tout est figé dans cet équilibre entre liberté sauvage et mal-être incurable, jusqu'à l'arrivée de cette femme qui s'échoue sur leurs côtes, entre la vie te la mort. Qui est-elle ? Que parviendra-t-elle à découvrir sur cette famille si différente ? Rowan va tout changer, pour chacun d'entre eux. 

    Dans ce magnifique roman, Charlotte McConaghy peint toutes les couleurs de l'espoir, du deuil qui ronge et rouille les vivants, mais aussi toutes les manières de s'aimer et d'avancer. Un puissant tableau de vie apparaît dans ce qu'elle inflige de pire comme ce qu'elle offre de plus beau.  


    Actes Sud – Coll. Gaïa – 23,50 euros




  • Brûler grand - Juliette OURY

    Emilie ne comprend pas ce qui lui arrive : juste l'impression d'être "à côté", inefficace. Pourtant son métier de magistrate, elle l'a embrassé avec passion, ne comptant pas ses heures, se dévouant corps et âme à ses dossiers, ses collègues, son service. Mais un glissement s'est produit. A quel moment? Elle n'en sait rien. Jusqu'au blocage physique qui fait dire à son médecin qu'elle présente tous les symptômes d'un épuisement professionnel.


    Comment se réparer, comment guérir puisque, présenté comme une maladie, il doit bien un remède au burn-out? Que tout redevienne comme avant!

    Soutenue par son compagnon, Emilie s'inscrit, sans grand espoir, à un séjour pour les personnes éssorées par leur travail. Au programme: groupe de parole, coloriages, soins du corps, pleine conscience. Elle pensait se reposer dans une sorte de cocon et recharger ses batteries pour revenir à son poste, boostée d'une énergie renouvelée. Mais ce n'est pas du tout ce qu'il va se passer. Bizarrement, la rencontre avec le groupe, en la confrontant à d'autres histoires, va (enfin) lui permettre de s'interroger sur son moi profond, son identité. Cet autre elle-même qu'elle a depuis l'enfance étouffé sous un vernis de conventions et conformisme. Pourra-t-elle retrouver le chemin de la révolte, de la colère et s'autoriser à penser autrement? Ou mettra-t-elle le peu d'énergie qu'elle aura récupéré pendant cette retraite à écraser la petite voix et foncer tête baissée dans le travail jusqu'au prochain point de rupture?


    Un roman très juste et très éclairant sur la thématique du burn-out avec des personnages aux histoires tellement réalistes: ça pourrait être vous, votre mère, votre patron et on se prend à réfléchir à notre propre rapport au travail.


    L'Observatoire - 21 euros

  • American spirits - Russel BANKS

    Parution posthume du regreté auteur Russel Banks sous forme de trois nouvelles ayant pour toile de fond l'amérique trumpiste. Trois histoires qui abordent la violence, les tensions pouvant exister dans l'ensemble de la population, des personnes qui se cotoient mais qui donnent l'apparence (ou bien est-ce vraiment le cas) de ne plus pouvoir vivre ensemble.


    Un ouvrage trop court pour profiter une dernière fois de la prose de l'auteur. 


    Actes Sud - 22.80 euros

    Parution le 4 fevrier 2026



  • Chroniques d'un dieu boiteux - Juan Lluis LLUIS

    Héphaïstos, dieu du feu, des forgerons et des volcans, dernier survivant des habitants de l’Olympe, erre parmi les mortels et brasse les époques, dans un monde qui ne croit plus en lui. Fils d’Héra, il est dès l’origine marqué par l’abandon et la disgrâce : précipité du sommet divin à cause de sa difformité, il incarne un paradoxe fascinant, celui d’un dieu vulnérable, boiteux, mais doté d’un génie créatif inégalé.


    Dans un récit magistral, tantôt mélancolique, tantôt plein d’ironie, Joan-Lluís Lluís explore les émotions, les contradictions et la solitude d’un dieu devenu presque humain. Et à travers ce regard divin désenchanté, c’est notre propre humanité qui est sondée, dans toute sa fragilité et sa beauté.


    « Joan-Lluís Lluís est l’un des auteurs les plus particuliers que nous ayons sur la scène catalane actuelle. Ses histoires ne sont en rien conventionnelles, il nous emmène dans des voyages mystérieux auxquels nous ignorions que notre littérature pouvait conduire. » — Edgar Cotes Argelich (auteur)


    Les Argonautes - 20 euros