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Submersion – Marc DUGAIN
Submersion c’est une confession. Celle d’un président que nous avions découvert dans Tsunami et qui dans ce nouveau roman continue à essayer de nager au milieu des requins du monde politico industriel. Il sera aussi question de sa vie privée mais peut-on encore parler de vie privée lorsqu’on est à la tête d’un pays de 70 millions d’habitants ? Après toutes les difficultés rencontrées dans le premier tome, ici c’est un industriel puissant, naviguant dans l’énergie, les médias (tiens tiens…), qui va vouloir vassaliser notre chef de l’état qui ne va pas se laisser faire. Mais, et même du fait de son statut, cela sera-t-il suffisant pour résister aux pressions qui ne manqueront pas de s’abattre sur lui ? Il en sera de même avec les autres chefs d’état et notamment un président Américain (qui n’est plus Trump se dernier ayant quitté la scène de manière abrupte…) qui ne peut imaginer que la France puisse avoir un autre regard sur l’avenir que lui ? Quels leviers et quelles stratégies employer lorsqu’on se retrouve face à de si terribles adversaires ? Adopter le mimétisme ?
Marc Dugain une fois de plus parvient à nous immerger dans le monde politique et les arcanes du pouvoir comme si nous y étions avec un ensemble d’évènements qui peuvent nous rappeler certains personnages déjà en place et surtout, et c’est bien là le plus inquiétant, des perspectives d’avenir tout à fait plausibles et qui font très très froid dans le dos.
Un roman lucide, éclairé et donc quelque peu effrayant sur les Maîtres du monde et qui, sous couvert de personnages fictifs, nous donne un aperçu de ce qui pourrait se passer (ou ce qui se passe peut être déjà) dans les rouages du pouvoir.
Albin Michel – 21.90 euros.
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Revers – Daniel ARSAND
Bill Tilden est un nom qui ne rappelle certainement pas grand-chose à grand-monde. Pourtant, il fut pendant la première moitié du 20ème siècle, l’équivalent des Roger Federer et Rafael Nadal de notre époque : un champion incontesté qui a dominé outrageusement sa discipline pendant des années. Ayant touché à la notoriété à la fin de sa vingtaine, lui qui était né en 1893, l'homme était beaucoup moins politiquement correct que les deux athlètes cités précédemment. Son aura a été entachée d’affaires de mœurs (infractions sexuelles sur mineurs à plusieurs reprises) et on peut noter un rapprochement étrange avec l’Allemagne nazie pour qui il deviendra entraîneur. Homosexuel notoire et assumé, il a pu compter sur l’amitié indéfectible de Charlie Chaplin (dont le comportement envers la jeunesse prête aussi au questionnement…) quand les lumières de la gloire se sont peu à peu éteintes…
C’est donc un Bill Tilden vieillissant que nous dépeint Daniel Arsand de sa plume agile et précise, un homme qui paraît accepter son sort et qui se résout à la quasi mendicité parfois pour profiter d’un repas. Les lignes de l’auteur nous présentent un homme ambigu, qu’il est très difficile de cerner. Un être tout à fait capable de développer des relations malsaines avec les jeunes ramasseurs de balle qu’il coinçait dans les vestiaires à l’issue des matchs. Un homme qui s’est essayé avec une absence totale de succès à l’art et l’écriture et qui a terminé sa vie ruiné et seul. Et pourtant un homme qui excellait dans son sport,qui l’a fait évoluer dans l’image du public.
Daniel Arsand en présente factuellement ses turpitudes mais en donnant l’impression que Bill Tilden ne s'y est jamais vraiment interessé. Une sorte de désincarnation comme si le champion avait touché la grâce et que le retour sur terre, et ses affaires sordides, ne le touchaient ou ne l’intéressaient plus.
On ressort donc de cette lecture d’une manière étrange : qui était vraiment Bill Tilden ? un grand champion adulé ? un pervers assumé et sans remord ? Assurément un homme étrange, perdu peut être, et assurément évanescent tout comme sa notoriété aujourd’hui. L'écriture de Daniel Arsand quant à elle est suffisament lumineuse pour que même dans une athmosphère des plus sombre, elle nous donne envie d'essayer de comprendre qui était Bill Tilden.
Actes sud – 19 euros
Parution le 1er avril 2026
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A la chaîne – Eli CRANOR
Springdale, une ville de l’Arkansas au 21ème siècle. Gabriela et Edwin, d’origine mexicaine, travaillent (sont exploités) dans l’usine de poulets locale. Cadences infernales, conditions de travail déplorables (pas question de faire une pause, même pour se rendre aux toilette et nécessitant de « s’équiper en conséquence »), avec toujours l’épée de Damoclès d’être viré et de tout perdre. A l’autre extrémité, Luke, cadre de l’usine, qui ne pense qu’à sa future promotion qui ne peut lui échapper tant il mène son usine d’une main de fer et sans apitoiement. Sa femme Mimi est quant à elle en pleine crise existentielle, une vraie « Deseperate housewife » disposant de beaucoup de temps pour discuter avec ses copines et qui se demande si elle élève vraiment bien son tout jeune enfant. Arrive le jour où Luke, disposant de son droit quasi divin, va virer sans aucune forme Edwin pour un motif fallacieux. Est-ce l’approche de son évaluation, et la présence des ses supérieurs, qui le rend à ce point tatillon ? Quoi qu’il en soit, cette éviction va avoir un effet dévastateur, et pas uniquement pour la famille d’Edwin.
Ce nouveau polar d’Eli Cranor, après le très bon « Chiens des Ozarks » nous présente un milieu du travail horrible, que ce soit dans la façon dont sont traitées la matière première (les poulets) ou les machines (les ouvriers). Un milieu ou la docilité et les limites sont sans cesse éprouvées, et ce malgré le côté caricatural que pourrait donner cette lutte entre les « gentils » ouvriers et les « méchants » patrons. En effet, Eli Cranor parvient à développer des personnages qui ne sont pas aussi binaires, dont les motivations et les actions ne peuvent pas se ranger aussi facilement. Le profit, cher au système américain, est bien entendu au cœur du réacteur, l’argent que l’on a trop peu, ou pas encore assez et tout ce qu’il entraine comme effet néfaste sur l’individu qui le convoite.
Un roman dont la tonalité sonne particulièrement en période « Trumpiste » (et le traitement des supposés étrangers car oui, il est encore plus facile d’être odieux avec un mexicain dont les papiers ne sont pas forcément en règle) et qui installe un certain malaise dans la façon dont hommes et animaux sont traités dans cette triste histoire du capitalisme américain triomphant.
Assurément le roman noir de la rentrée de janvier 2026.
Sonatine – 22.50 euros
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Les belles promesses – Pierre LEMAITRE
Voici le quatrième et dernier volet de la série de Pierre Lemaitre consacrée à la famille Pelletier. Nous sommes à présent au début des années 60 et l’inénarrable Jean alias Bouboule est au firmament d’une carrière que peut lui destinait. A la tête d’une chaine de magasins de vêtements, il côtoie à présent le monde des affaires parisien et se voit proposer d’accompagner des projets d’envergure. Nous sommes en pleine période de l’essor de la voiture reine et il faut donc des routes pour faciliter la circulation, et quoi de mieux que la construction du périphérique ceinturant Paris pour « faire des affaires » ? Mais c’est dans un autre registre que Jean va briller, obtenant un statut inattendu suite à une de ses actions que nous ne dévoilerons pas. Rassurez-vous, l’insupportable et terrible Geneviève est toujours à ses côtés et on peu compter sur elle pour lui rendre la vie impossible, comme à une bonne partie de son entourage d’ailleurs. Mais tout n’est pas rose dans la famille Pelletier, notamment du côté de François, qui était le personnage principal du troisième volet, et qui dans Les belles promesses va avoir de gros problèmes de conscience, remettant son nez dans de vieilles histoires de meurtres qui ont jalonné les trois premiers volumes de la série. Au point de mettre la stabilité de la famille en danger ? En parallèle, il sera question de Manuel, un jeune homme à la trajectoire diamétralement opposée à la famille Pelletier et que le talent de l’auteur va pourtant faire se télescoper.
On replonge avec plaisir et un peu de tristesse dans ce dernier tome, retrouvant cette famille complexe avec comme toile de fond, comme toujours chez Pierre Lemaitre, une étude de la société et de ses mœurs (les hommes d’affaires en prennent pour leur grade) tout en ayant le plaisir de suivre ce feuilleton aux rebondissements hugoliens et cette maîtrise des phases de suspens aussi bien que des parties plus émouvantes. Un très beau clap de fin en espérant peut être une nouvelle série ? Qui sait, avec les Pelletier, rien ne semble impossible !
Calmann Levy – 23.90 euros
Parution le 6 janvier 2026
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Diables blancs – James Robert BAKER
Tom Dunbar a connu un très gros succès littéraire. Son premier roman a fait sensation, un véritable phénomène d’édition, et lui a apporté la gloire et la fortune. Les choses se sont corsées d’une part lorsqu’il a dû s’atteler à son deuxième roman (qui n’a remporté qu’un succès d’estime – pour dire qu’il n’a pas du tout marché -) et d’autre part lorsque sa femme, Beth, a souhaité lancer un restaurant (en utilisant une très très grosse partie des économies du ménage) et qui s’est avéré un échec cuisant. Heureusement pour eux, le père de son épouse est lui aussi écrivain, un auteur à succès a continué au-delà du premier roman et qui est à la tête d’une fortune colossale. Il reste donc la possibilité pour sa fille de lui demander un petit coup de pouce, manière de repartir sur de bonnes bases, ce que le père va s’empresser de…refuser. La situation mentale de Beth n’étant pas au beau fixe et l’état d’esprit de Tom n’étant pas lui non plus dans une spirale très positive, les deux époux vont mettre en route un engrenage infernal. Ah oui, pour l’anecdote, le gros succès de Tom était un « true crime ». De quoi avoir quelques inspirations ?
Très bon roman, inédit, de James Robert Baker, un auteur inconnu dans nos contrées, mort suicidé en 1997 qui a eu un peu une trajectoire ressemblant à celle de son héros Tom. Après avoir connu un certain succès, il s’est retrouvé boycotté pour avoir écrit un roman jugé trop subversif dans les années 90. Diables blancs et donc un roman jamais publié et Monsieur Toussaint Louverture, après la remise en avant de Michael McDowell, nous propose donc de découvrir un nouvel auteur avec un roman diabolique comme l’indique son titre !
Monsieur Toussaint Louverture – 20.90 euros.
Parution le 6 février 2026
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La guerre des os - Benjamin HOFFMANN
À la fin du XIXe siècle, deux scientifiques américains, Charles Marsh et Edward Cope, se livrent une compétition sans merci pour exhumer des squelettes de dinosaures et régner sur la paléontologie naissante. Afin de gagner cette guerre des os, Marsh, Cope et leurs mercenaires emploieront tous les moyens : le vol, la corruption, l’espionnage et la violence.
Dans leur quête de fossiles géants, ils rencontrent Buffalo Bill et le chef sioux Red Cloud, le général Custer et le président Ulysses S. Grant, au temps où les États-Unis sont transformés par la conquête de l’Ouest et la guerre de Sécession, la Ruée vers l’or et la première voie ferrée transcontinentale. Illustré de documents d’époque, ce récit haletant retrace la naissance de la science et de l’Amérique moderne. À l'issue de la guerre des os, les deux hommes sont ruinés et discrédités socialement par leurs tentatives de se surpasser et de se déshonorer. Un western haletant sur fond de braquage de caisses remplies...d'os !
Denoël – 22 euros
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Fox - Joyce Carol OATES
Francis Fox est un professeur séduisant, trop pour être honnête. Quand il est recruté par un collège privé prestigieux du New Jersey, seule la directrice est méfiante: son instinct lui conseille la prudence pourtant, elle va rapidement, à l'instar de ses collègues, se laisser hypnotiser par ce bel homme qui semble si compréhensif, si intelligent, impliqué dans son travail et tellement serviable.
Alors, attention, ce roman n'est pas à mettre entre toutes les mains : Joyce Carol Oates va encore plus loin dans l'exploration du mal que dans "Boucher", son précédent roman qui brossait le portrait très cru d'un gynécologue pervers et obsédé par les organes sexuels des femmes qu'il prétendait soigner. Elle aborde ici le thème de la pédocriminalité de façon explicite, et c'est poisseux et dérangeant.
Cette lecture est éprouvante : 800 pages d'une écriture qui analyse froidement le mécanisme psychologique qui se met en place. Elle nous prend au piège du cerveau malade de Fox (est-ce vraiment son nom? ) et c'est là toute la force de ce roman: nous sommes au cœur des pensées malsaines du personnage, de ces hésitations, de ses calculs. Puis on bascule dans le regard des victimes. Tout est décortiqué et peu à peu, les zones d'ombre volontairement passées sous silence par le rusé professeur d'anglais, se dévoilent. L'engrenage se met en marche inéluctablement et le lecteur reste comme sidéré par l'aveuglement des adultes devant tant de virtuosité. Elle interroge la façon dont la fascination pour une personnalité charismatique prend le pas sur la réalité et sur la véritable nature des agissements du personnage, comment ses paroles amènent ses victimes à se penser différentes, impatientes d'être choisies, consentantes et désespérées, un chef-d'oeuvre de manipulation mentale!
Philippe Rey – 25 euros
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La Louve - Antonin SABOT
Sélection du prix Auvergne Rhône Alpes des lycéens et apprentis.
Auteur invité au lycée Jean Puy
"La Louve, jeune cévenole réfugiée dans les bois, se bat contre l'accaparement des resources forestières ordonné par Louis XIV.
Quand les "sauvages" se défendent contre les "civilisés, de quel côté se trouve l'humanité? Trois voix se mêlent dont celle, muette et poétique de la Louve.
Un écho aux destructions de notre monde contemporain."
"Tu dors encore, forêt,
Tu penses que l’homme n’est rien qu’une toute petite chose.
Minuscule.
(…)
Un homme ça vit et ça meurt si vite,
Pour toi qui résistes au temps.
C’est si petit,
Devant tes géants.
Mais jour après jour, l’homme revient,
Car il a toujours faim.
Il a appris à avoir et à diriger.
Il veut voir au loin
Et abat ce qui se dresse devant.
Il veut être grand,
Et grimpe sur ce qui le toise.
Ecrase ce qui résiste.
Il assèche les marais,
Laboure et ravage.
(…)
Réveille-toi, Forêt.
Montre les crocs.
Louves, ourses,
Renardes, pics,
Rapaces, sangliers,
Esprits de la forêt.
Fâchés.
Colérez-vous,
Colérez-moi."
Voici un exemple du monologue intérieur de la Louve.
Une écriture qui bruisse des sons de la forêt, de ses odeurs et ses vibrations. C’est un roman qui parle à la sensibilité de son lecteur. Le style n’est pas forcément ce qui vient en premier à l’esprit lorsqu’on pense à la littérature jeunesse. Elle regorge pourtant de très belles plumes, qui s’adressent aux tout-petits comme aux grands ados. Antonin Sabot en fait partie.
Ce roman est publié aux éditions Talents Hauts, maison qui milite contre les stéréotypes et pour plus de représentation de ceux et celles que l’on voit peu dans les livres, les minorités, les figures oubliées. À partir d’événements historiques, l’auteur de La Louve montre que le vrai sauvage n’est pas celui qu’on croit. C’est l’insurrection d’une jeune fille contre la voracité des hommes, qui ne reculent devant aucun anéantissement pour assouvir leur soif de pouvoir : pouvoir sur les femmes, sur les plus faibles, sur la nature elle-même.
Le roman d’Antonin Sabot résonne avec celui de Sandrine Collette, "Madelaine avant l’aube". Une autre fille, dans une autre campagne, mais la même dureté, la même liberté, la même révolte. (podcast de Mahaut de Butler sur France Inter)
Talents Hauts - 16.50 euros
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Récidive 1938 - Michaël FOESSEL
Tombé presque par hasard sur l'année 1938, un philosophe inquiet du présent est allé de surprise en surprise. Au-delà de ce qui est bien connu (les accords de Munich et la supposée «faiblesse des démocraties »), il a découvert des faits, mais aussi une langue, une logique et des obsessions étrangement parallèles à ce que nous vivons aujourd'hui. L'abandon de la politique du Front populaire, une demande insatiable d'autorité, les appels de plus en plus incantatoires à la démocratie contre la montée des nationalismes, une immense fatigue à l'égard du droit et de la justice : l'auteur a trouvé dans ce passé une image de notre présent.
Récidive ne raconte pas l'histoire de l'avant-guerre. Il n'entonne pas non plus le couplet attendu du « retour des années 30 ». Les événements ne se répètent pas, mais il arrive que la manière de les interpréter traverse la différence des temps. En ce sens, les défaites anciennes de la démocratie peuvent nous renseigner sur les nôtres. Récidive est le récit d'un trouble : pourquoi 1938 nous éclaire-t-elle tant sur le présent ?
PUF - 9 euros
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La vie entière - Timothée DE FOMBELLE
Paris, 1942. Claire attend son chef de réseau. Elle tape ce que lui dicte cet homme qu'elle ne connaît que par son pseudonyme, Blanche, afin d'alimenter les réseaux de la résistance d'informations capitales. S'il a du retard, la consigne est claire, elle doit tout laisser, partir, surtout se dépêcher. Le jour où il ne vient pas, cependant, elle en est incapable. Cet homme représente tous ses rêves, ses envies de vivre sans la guerre. Alors elle l'attend, et tape tout sur sa petite machine à écrire. Ses souvenirs, ses espoirs, ses rencontres… C'est un tourbillon, un souffle de vie qui vous emporte au plus près de Claire et de sa petite chambre mal chauffée.
“J'ai des souvenirs d'avance. Je les écris dans le désordre, très vite, pour rester vivante. Quand ils n'ont pas encore existé, je les invente.”
Thimothée de Fombelle, après des romans pour les plus jeunes, conserve ce style poétique, ses phrases douces qui le caractérise et surtout, sa capacité à vous emmener très loin avec ce texte court et fort.
Gallimard - 10 euros
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A propos de Nora - Kristin KOVAL
Sonatine nous offre un de ces romans au suspens psychologique qui vous happe et vous tient en haleine jusqu'au dernier chapitre. Pourquoi Nora, une jeune adolescente a t-elle tué son frère dont elle était pourtant très proche avec l’arme à feu de leur père.
Quelles sont les raisons d'un tel passage à l'acte ? La maladie de son frère, la drogue, un brutal changement de caractère lié à la puberté ? Quoi qu'il en soit elle est devenue une meurtrière. Et elle reste muette comme enfermée en elle-même, refusant toute discussion. «(...) de nos jours, une fois que quelqu’un est accusé, tout le monde se précipite pour juger : c’est la présomption de culpabilité qui l’emporte. » Comment juger une enfant qui a commis un tel crime ? Certains souhaiteraient qu'elle soit traitée comme une adulte, et dans l'état du Colorado, son geste est passible de la peine de mort.
La préparation du procès est complexe et Martine, une connaissance de la famille, avocate proche de la retraite, sollicitée pour assurer la défense de Nora va demander l'aide de son fils Julian, lui-même avocat plus au fait de ce genre de cas.
Il revient donc dans la ville de son enfance sachant pertinemment que sa présence va raviver des souvenirs douloureux pour lui comme pour la mère de Nora.
Le récit alterne entre le passé d'Angie, la mère de Nora, et le présent, avec les différentes étapes de la préparation du procès.
Le pardon est centre de ce roman : chaque personnage ayant des secrets qui ont tous eu des conséquences sur la vie des uns et des autres. Chacun s'est arrangé à sa manière pour continuer à vivre et le geste de Nora fait voler en éclat le vernis des apparences.
Ce roman ne vous laisse pas indifférent : par les thèmes abordés, culpabilité, non-dits, pardon, relations familiales, justice, l'autrice nous piège dans un récit profondément humain et particulièrement touchant.
Sonatine - 24.50 euros
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Carnets indigènes – Miroslav MISAK
Une plongée dans la nature slovaque, voici le thème de Carnets Indigènes, un roman dans lequel le personnage principal est la nature. Alors bien sûr, il y a le narrateur et son histoire d’amour avec une jeune femme de 10 ans sa cadette qui vient se greffer, mais l’essentiel est ailleurs. Il sera question de loups, de lynx, d’ours et autres cerfs chez eux, dans un environnement entaché parfois par des clôtures et des miradors servant à des chasseurs pour les maîtriser ou les détruire. Il sera aussi question de ces forêts qu’on exploite, qu’on détruit méticuleusement en prétextant l’entretien alors que ces dernières n’ont absolument pas besoin de l’homme pour se gérer.
Un récit court, qui fait la part belle à de beaux moments en pleine nature, que ce soit de jour ou de nuit, comme un texte de Sylvain Tesson sans les (nombreux...)aphorismes. Plutôt ceux d’un amoureux de la nature qui ne parvient pas à s’en détacher et qui ne comprend surtout pas comment l’être humain peut être aussi stupide à vouloir la détruire si méticuleusement.
Editions Paulsen – 19 euros
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Cautère - Lucia LIJTMAER
Résumé éditeur:
Espagne, 2014. Une femme abandonnée par son compagnon, en proie à un chagrin si profond que le monde ne lui semble plus désormais qu'être voué à l'apocalypse, fuit l'étouffante et gentrifiée Barcelone pour Madrid. Alors qu'elle se consume peu à peu dans les flammes de la vengeance, elle découvre, une nuit, les " Chroniques du Cautère ", un récit d'une certaine Déborah Moody datant de 1642.
XVIIe siècle, Nouveau Monde. Bien avant d'être la première femme à fonder une colonie en Amérique du Nord, Déborah a été mariée. Puis reniée, quand son enfant est mort-né. Une fois veuve, elle part vivre à Salem où elle fonde une communauté de femmes solidaires et entreprenantes. Mais des femmes unies sont dangereuses : la chasse aux sorcières commence.
Quatre siècles séparent ces deux femmes, pourtant leurs destins ne sont pas si différents. Toutes deux rêvent d'être aimées et respectées. Mais elles ne se laisseront pas faire : elles cautériseront leurs plaies en brûlant leurs blessures et ceux qui les leur ont infligées.
Robert Laffont - 20 euros
Parution 11 juin 2026
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Le dernier clan - Eloi AUDOIN-ROUZEAU
Éloi Audoin-Rouzeau n’écrit pas une préhistoire de décor en carton. Il nous plonge dans un monde de rituels ancrés aux corps et aux esprits. Un monde luxuriant mais menacé, où chaque geste de la vie quotidienne rapproche les vivants des morts de leur tribu qui continuent, depuis leur grotte sacrée, à veiller sur leurs descendants.
Résumé éditeur:
40 000 ans avant notre ère.
Yaretzi est le guetteur du clan des Mers. Du haut des falaises, afin qu’aucun danger ne les surprenne, il veille sur les siens. Son clan, comme à chaque printemps, s’apprête à rejoindre ses tribus sœurs pour honorer leurs morts, célébrer la nature et sceller des unions. Mais cette année, sur le chemin de la grotte aux Ancêtres, de mystérieuses traces apparaissent. Des signes que nul ne comprend. Yaretzi, qui ne pense qu’à revoir Ayasha, sa promise du clan de la Forêt, découvrira bientôt que ce monde qu’il croyait immuable est en danger.
Le dernier clan met en scène un tournant dans l’histoire de l’humanité. À rebours des clichés, il célèbre un homme de Néandertal animiste, capable de sensibilité et de beauté, face à Sapiens, assoiffé de conquêtes. Et si l’on s’était trompé de« sauvage » ?
La Tribu - 19.50 euros
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Le procès du rhinocéros blanc - Olivier BARDE CABUÇON
Une enquête du commissaire aux morts étranges
Résumé éditeur:
Versailles, 1761, sous le règne de Louis XV. Le cadavre du duc d’Etel-Semolens est retrouvé dans l’enclos du rhinocéros blanc. Sous le haut patronage de la marquise de Pompadour, le commissaire aux morts étranges, assisté de son père, le moine hérétique, et d’Hélène, mène l’enquête pour comprendre ce qui s’est passé et sauver l’animal dont le procès s’ouvre ! Au bord de l’implosion, le trio explore la Ménagerie royale, ce monde clos où hommes et bêtes semblent partager la même captivité.
Tandis que les fêtes de printemps enflamment les jardins, les enquêteurs découvrent un réseau de trafics et d’intrigues de cour. Sous les dorures, les masques tombent et le vernis du palais se craquèle. Car, à la Ménagerie, le véritable danger ne vient peut-être pas des animaux…
Actes Sud - 22.50 euros
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Les sept vies du moine - Olivier BARDE CABUÇON
Une enquête du commissaire aux morts étranges
Résumé éditeur:
Lyon, 1760. De retour du Caire, entouré de sa compagne égyptienne, l’envoûtante Yasmina, et du moine hérétique, le chevalier de Volnay se retrouve confronté à une série de morts mystérieuses. Chaque victime a été immolée par les flammes. Ce feu est-il sacré ? Profane ? Dû à une inexplicable combustion spontanée ? Et quels liens mortifères existent-ils entre les personnes visées ?
Dans une tension exacerbée par la prochaine visite du roi, le commissaire aux morts étranges devra plonger au cœur des secrets de la ville, dans les hautes sphères du pouvoir, entre vol de formules chimiques, découverte d’un cabinet aux multiples curiosités et d’une surprenante loge maçonnique. Le moine, quant à lui, devra échapper à une sombre prédiction…
Babel - 9.90 euros
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Touche pas à mon cadavre - André MAROIS
« Depuis qu’il a été arrêté en état d’ébriété, Roger, un entrepreneur en bâtiment, fait preuve d’une prudence exemplaire au volant de son pick-up. Jusqu’au soir où, par une pluie torrentielle sur le chemin du Parc, pressé de rentrer boire une bière ou quatre, il percute à mort un cycliste. Craignant pour son permis, Roger décide de cacher le corps dans un coffre en attendant de pouvoir le faire disparaître pour de bon.
Sauf que la Mastigouche en crue le devance et emporte avec elle le coffre dans ses eaux déchaînées. Heureusement pour Roger, sa voisine Jacqueline a un marché à lui proposer… »
André Marois est français mais vit au Canada, à Montreal, depuis 1992.
Touche pas à mon cadavre est le quatrième volet d’une série noire qui se développe sur la commune de Mandeville, quelque part au fin fond du Québec. Ces chroniques de la Mastigouche, la rivière du coin, on les a découvertes avec La sainte Paix qui a remporté en 2024 le prix du meilleur roman policier en français décerné par l’association Crime Writers of Canada.
La lecture des 3 premiers tomes n'est pas du tout obligatoire pour plonger dans l'univers gentiment loufoque d’André Marois.
On se réjouit néanmoins de retrouver le personnage de Jacqueline (les lecteurices de « La sainte paix » s'en souviennnent!), une septuagénaire particulièrement dangereuse quand on menace sa tranquillité. Et on retrouve aussi, le sympathique et malchanceux policier Steve Mazenc qui, malgré toute sa bonne volonté, a bien du mal à résoudre une enquête.
La bonne humeur est au rendez-vous malgré les meurtres, et si vous appréciez l'humour noir, vous serez servi.e.s.
Héliotrope - 19 euros
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Sainte Emmerderesse - Audrey ALWETT
Audrey Alwett, autrice de plusieurs série BD (notamment Le Grimoire d’Elfie, Le Jardin des fées et Princesse Sarah), mais aussi de romans jeunesse (dont la trilogie Magic Charly) nous offre un premier roman qui décape !
Suzanne, une aide-soignante au passé douloureux, profite d'avoir gagner au Loto pour fuir et se construire une nouvelle vie : elle achète un manoir dans un coin de Normandie pétri de racisme et d'homophobie. Sur ses terres, elle découvre la tombe de Sainte Emmerderesse et décide de la faire renaître de ses cendres avec ses 3 colocataires, personnages hauts en couleur. Cette sainte patronne des emmerdes, dont on découvrira l'histoire au fil du livre est aussi puissante qu'insolente. Elle emporte ses adeptes, assoiffés de justice, dans une aventure des plus réjouissante et des plus libératrice. Impertinent, joyeux, malicieux. Que Sainte Emmerderesse veille sur vous !
Editions Héloïse d'Ormesson – 22 euros
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L'électricité dans mon corps - Anna-Livia MARCHIONNI
Le narrateur et personnage principal de ce roman est un jeune homme de 24 ans, Danny, dont le cerveau, de son propre aveu, n'est pas branché correctement. C'est pour ça que tout va de travers dans sa vie, pour cela aussi qu'il est régulièrement traversé par des crises qu'il décrit comme des décharges électriques. Seul son papa chéri semble le comprendre, accepter son « comportement » qui lui vaut d'être considéré comme un fou, un dangereux dérangé.
Il rêve de courses folles à moto, il aimerait que Jessie réponde à son poème d'amour, il voudrait avoir les beaux cheveux de Pocahontas bref, devenir adulte et mener une vie normale.
Le voisin qui vient d'emménager avec sa voiture de luxe sera peut-être, en devenant son employeur, le début d'une autonomie que Danny appelle de tous ses vœux. Histoire aussi d'enfin faire ravaler à sa mère, surnommée le caporal-chef, tous ses reproches et sa lassitude vis à vis d'un fils qui ne correspond pas à ses attentes. Jusqu'au jour où un viol en réunion est commis dans la région, le coupable idéal semble tout trouvé.
Entre accès de rage, questionnements existenciels et désirs naissants, ce roman s'empare de vous avec la force d'une langue à la fois abrupte et d'une lucidité remarquable. C'est une plongée dans la psyché d'un être atypique, tourmenté et parfois si proche de nous dans ses élans, ses craintes d'être mis à l'écart, de ne jamais appartenir à un groupe.
Une lecture immersive, saisissante, l'occasion de penser autrement et d'ouvrir notre regard sur la difficulté à vivre dans notre monde pour les personnes neuro atypiques.
Le Sonneur - 19 euros
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La voie – Gabriel TALLENT
En plein désert Mojave, Dan et Tamma sont des lycéens plutôt en marge. La base de leur amitié repose sur leur passion commune : grimper. Mais grimper de manière totalement « rock’n roll » : aucune consigne de sécurité respectée, un matériel déféctueux et quasiment inexistant, et quelques vidéos YouTube comme inspiration quand ils se retrouvent au pied du mur. Ce sont donc deux véritables « trompe la mort » qui se challengent, se motivent, se provoquent, pour dépasser leurs limites. C’est aussi l’histoire de deux trajectoires, celle de Dan dont la mère a constitué un bas de laine pour l’envoyer à l’université afin qu’il puisse entreprendre de brillantes études que son potentiel intellectuel pourrait lui permettre. De l’autre côté, celle de Tamma, dont la mère jongle plutôt entre le trafic de drogue et les petits boulots, qui n’attend que la fin des études de sa fille pour qu’elle puisse enfin participer financièrement à la vie chaotique de sa famille. Alors se pose la question pour les deux adolescents de faire un choix : vivre sa vie à fond en gravissant le maximum de sommets, une sorte de vie de bohème ou se ranger et suivre une voie plus banalisée et donc plus sûre ?
Voici le deuxième roman de Gabriel Tallent qui après « My absolute darling » revient avec un beau roman sur l’arrivée de l’âge adulte, celui qui nécessite de faire les choix qui vont le plus souvent impacter la suite de l’existence. Les deux jeunes héros sont attachant de par leur spontanéité, leur fraicheur, la jeunesse leur donnant encore accès à tous les rêves. Mais cette phase s’accompagne aussi des doutes, des tourments, de la dose de confiance inouïe (de l’inconscience ?) dont il faut faire preuve parfois s’il on veut atteindre ses rêves. Ce n’est pas si souvent que l’escalade fasse l’objet d’un roman mais finalement quelle meilleure métaphore de la vie ? des voies à choisir, des difficultés, des risques plus ou moins anticipés, parfois la chute avec en tête de s’élever au plus haut et tracer sa route…
Gallmeister – 25.90 euros.
Parution le 21 janvier 2026
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Tout me revient maintenant - Jean-Michel FORTIER
Colin est un ado comme les autres, ou presque. Entre les longues journées au collège à pester contre les Guillaume et Catherine de sa classe et les week-ends coincés entre ses ringards de parents et la boutique de bébelles où il travaille pour un peu d’argent de poche, il peut heureusement compter sur sa meilleure amie Eugénie pour tromper l’ennui. Ensemble, ils jouent à la Nintendo 64 et écoutent Céline Dion en boucle sur leurs Discman.
Car Colin a une obsession : Céline, la seule capable de poser les mots sur ses tourments. Les garçons normaux n’écoutent pas ça dit-on, mais Colin s’en sacre – c’est elle et lui contre les gros fake de son école. Enfin, ça, c’était avant la rencontre avec Yann Moreau.
Tout me revient maintenant est un roman doux et acidulé, une main tendue vers les pogné·e·s, les perdu·e·s, les effrayé·e·s.
Les Léonides - 21 euros
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Tuez-les tous ! Christopher BOUIX
Période de fin d’année en Bretagne. Plus précisément à Brignac sur mer. Tout semble parfait pour envisager sereinement Noël et ses festivités mais malheureusement il va en être tout autrement. C’est tout d’abord un « épisode neigeux » d’une très forte intensité qui va s’abattre sur la charmante station balnéaire. Un spécialiste va donc être dépêché sur place afin d’essayer de comprendre la raison de ce phénomène. Et plus grave encore, surtout en période de fêtes de fin d’année où ces derniers sont sensés être sages en attendant le père Noël, tous les enfants et ados vont se transformés en tueurs en série sanguinaires, déterminés à supprimer tous les adultes passant à proximité. Se pourrait-il qu’il y ait un lien entre climat et psychose ?
Christopher Bouix à qui on doit le très réussi Alfie (l’histoire d’une IA qui sème la panique dans une famille) s’attaque dans Tuez-les tous ! aux charmants bambins qui n’ont plus grand-chose de charmant tant leur férocité est manifeste. C’est aussi pour l’auteur l’occasion de développer toute une réflexion autours de l’enfance, de sa brièveté et son côté sacré, qui prend toute sa saveur une fois arrivé à l’âge adulte.
C’est donc un roman mêlant épouvante, humour mais aussi réflexion quant à la place de l’enfance dans notre société (celle qu’elle occupe ou bien celle qu’elle devrait occuper) dans ce thriller haletant et original.
Au Diable Vauvert – 22 euros.
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Mariage fantôme – David PARK
Ce roman se déroule dans deux unités de temps différentes : la première aux alentours des années 1920, pendant laquelle Georges Allenby, un rescapé fortement traumatisé de la Grande Guerre, est chargé de créer et mettre en eau un étang proche d’un manoir appartenant à un nouveau riche dans le nord de l’Irlande. Son travail ne sera pas rendu facile par les conditions météorologiques, les travailleurs récalcitrants et les relations qu’il nouera notamment avec les habitants du manoir. La seconde, se passe au 21ème siècle, Ellie et Alex, de jeunes gens plutôt bien nés, doivent se marier et prévoient justement d’organiser les festivités près de l’étang. Ellie a perdu sa mère jeune ce qui a été une véritable déchirure pour elle et Alex ne se sent pas très bien dans son activité professionnelle, développant un sentiment d’étouffement. A partir de là, l’auteur va nous entraîner dans une histoire, puis l’autre, de manière alternée, et nous ferons la connaissance de fantômes qui sont communs aux deux époques : culpabilité, sentiment d’imposture, déni, regrets mais aussi, comme catharsis, l’espoir et le possible abandon à ses sentiments pour mieux rebondir.
Au-delà des histoires d’amour qui sont la pierre angulaire des deux récits, l’auteur crée une ambiance particulière, à la fois onirique, parfois fantastique, pour matérialiser l’introspection dont chacun des personnages fera l’usage ou non pour franchir et dépasser des blocages et pressions paralysantes. Au début déstabilisante, l’alternance entre le passé et le présent est remarquablement construite par l’auteur pour donner un effet de mimétisme dans la façon dont les tourments et les problématiques se manifestent et ce qu’elle que soit l’époque ou le contexte. La vie est alors semblable à cet étang, une surface qui peut cacher au plus profond des secrets, souvenirs, et matérialiser de la meilleure manière l’inconscient de chacun.
Une très belle lecture et une couverture, brumeuse et diaphane à souhait, qui figure parfaitement l’ambiance de ce texte poétique et profond.
La Table Ronde – 23 euros
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La sentinelle qu'on ne relève jamais - dalie Farah
A 50 ans, dalie Farah se découvre porteuse autisme. Elle subit l'environnement social et sensoriel,supporte une crise douloureuse après l'autre. La sentinelle qu'on ne relèvejamais, c'est elle. Que lui arrive-t-il?Très vite, l'enquête intime devient collective. dalie Farah raconte les familles désemparées, lesautistes célèbres, les nombreuses femmes diagnostiquées tardi-vement. Depuis cette différenceinvisible, sa condition singulière, elle nous interroge: ne sommes-nous pas tous semblables, àpercevoir et penser le monde par nos sens et nos corps? Etre soi, n'est-ce pas obéir à ce que l'on est?L'intensité vibrante de ses mots nous fait éprouver physiquement son ressenti; son récit dessine unchemin bouleversant où la joie d'écrire éclate à chaque page.
L'autrice de « Impasse Verlaine », « Le doigt » et « Retrouver Fiona », sera en rencontre à lalibrairie mercredi 29 avril à 18h30.
L'Iconoclaste – 20,90 euros
Parution 2 avril
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Non conforme - Fern BRADY
Présentation éditeur:
Fern Brady est écossaise, autiste et comédienne de stand-up. Avec une énergie brute et résolument contagieuse, "Non conforme" nous fait vivre son parcours, entre errance diagnostique et conviction intime. Pratiquant l’auto-ironie la plus mordante, elle livre, l’air de rien, une réflexion profonde sur la différence, la norme et la féminité contemporaine.
Bestseller du "Sunday Times" et lauréat du Nero Book Award, "Non conforme" a conquis lecteurs et critique et s’impose comme un récit aussi percutant qu’essentiel.
Rivages - 22 euros
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Mon refuge et mon orage - Arhundati ROY
Résumé éditeur:
Mon refuge et mon orage est une invitation à retrouver toute la puissance romanesque de la grande autrice indienne du Dieu des Petits Riens. Dans ce récit littéraire d’une infinie beauté, Arundhati Roy revient sur son passé : une enfance chaotique dans le sud de l’Inde, son émancipation précoce, le goût de l’écriture, la fulgurance du succès international avec le Booker Prize en 1997, puis la découverte que sa plume peut devenir une arme pour déjouer les injustices et la violence du gouvernement indien. Au fil des chapitres, c’est aussi le portrait de sa mère, Mary Roy, qui prend forme. Une grande âme, généreuse et adulée dans sa région pour y avoir bâti une école, mais qui dans l’intimité s’avérait une mère impitoyable et maltraitante. Toute sa vie durant, elle aura été pour sa fille à la fois son refuge et son orage.
Dans ce livre magnifique au style luxuriant, Arundhati Roy nous ouvre les portes de sa vie hors norme et haletante, mêlée à celle d’une figure maternelle redoutable mais qui lui a transmis le goût de la liberté, et la nécessité d’écrire.
Gallimard - 24 euros
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L'Oiseau qui boit des larmes, tome 1 Le cœur des Naga - Lee Young-do
L'Oiseau qui boit des larmes est un monument de la littérature coréenne de l'imaginaire, paru il y aplus de vingt ans en Asie et traduit pour la première fois en français.
Ce premier tome d'unetétralogie vous plonge dans une quête épique qui vous rappellera Le Seigneur des anneaux, maisvous fera découvrir un monde dont vous n'auriez pas pu rêver.Quatre peuples doivent cohabiter, dont les Nagas, isolés des autres, vivants au cœur de la forêt,immortels suite à l'extraction de leur cœur à la majorité. Face à eux se trouvent les Hommes, sansroi, vivants en tribus, les Tokkebis, esprits malicieux et contrôlant le feu, et les Rekkons, immensesoiseaux guerriers.
Un représentant de chaque espèce est choisi : ensemble, ils vont traverser lesplaines immenses et les forêts dangereuses, rencontrer des tigres géants, découvrir des civilisationsperdues et se lier d'une étrange amitié...
Un univers unique et une plongée dans une aventure inoubliable, pour tous ceux et celles quiont soif d'aventure et d'ailleurs.
Hachette, 25 euros
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Les fantômes de Shearwater – Charlotte McCONAGHY
Après son délicat polar écoféministe, « Je pleure encore la beauté du monde » (2024), l’Australienne Charlotte McConaghy revient avec un roman d’ambiance situé sur une île australe.
Dominic Salt est gardien du phare de Shearwater, sur cette île située loin, au Sud de l'Australie, là où commence le froid. Il y a emménagé avec ses trois enfants à la mort de sa femme, pour y surveiller la réserve mondiale de graines.
Toute l'île est désormais menacée par la montée des eaux mais il n'envisage pas d'en partir : cette île, c'est sa vie et celle de ses enfants. Cela fait presque 10 ans qu'ils y sont bercés par le vent violent, le chant des baleines et les murmures des fantômes qu'ils se sont créés. Rien ne semble pouvoir évoluer, tout est figé dans cet équilibre entre liberté sauvage et mal-être incurable, jusqu'à l'arrivée de cette femme qui s'échoue sur leurs côtes, entre la vie te la mort. Qui est-elle ? Que parviendra-t-elle à découvrir sur cette famille si différente ? Rowan va tout changer, pour chacun d'entre eux.
Dans ce magnifique roman, Charlotte McConaghy peint toutes les couleurs de l'espoir, du deuil qui ronge et rouille les vivants, mais aussi toutes les manières de s'aimer et d'avancer. Un puissant tableau de vie apparaît dans ce qu'elle inflige de pire comme ce qu'elle offre de plus beau.
Actes Sud – Coll. Gaïa – 23,50 euros
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Brûler grand - Juliette OURY
Emilie ne comprend pas ce qui lui arrive : juste l'impression d'être "à côté", inefficace. Pourtant son métier de magistrate, elle l'a embrassé avec passion, ne comptant pas ses heures, se dévouant corps et âme à ses dossiers, ses collègues, son service. Mais un glissement s'est produit. A quel moment? Elle n'en sait rien. Jusqu'au blocage physique qui fait dire à son médecin qu'elle présente tous les symptômes d'un épuisement professionnel.
Comment se réparer, comment guérir puisque, présenté comme une maladie, il doit bien un remède au burn-out? Que tout redevienne comme avant!
Soutenue par son compagnon, Emilie s'inscrit, sans grand espoir, à un séjour pour les personnes éssorées par leur travail. Au programme: groupe de parole, coloriages, soins du corps, pleine conscience. Elle pensait se reposer dans une sorte de cocon et recharger ses batteries pour revenir à son poste, boostée d'une énergie renouvelée. Mais ce n'est pas du tout ce qu'il va se passer. Bizarrement, la rencontre avec le groupe, en la confrontant à d'autres histoires, va (enfin) lui permettre de s'interroger sur son moi profond, son identité. Cet autre elle-même qu'elle a depuis l'enfance étouffé sous un vernis de conventions et conformisme. Pourra-t-elle retrouver le chemin de la révolte, de la colère et s'autoriser à penser autrement? Ou mettra-t-elle le peu d'énergie qu'elle aura récupéré pendant cette retraite à écraser la petite voix et foncer tête baissée dans le travail jusqu'au prochain point de rupture?
Un roman très juste et très éclairant sur la thématique du burn-out avec des personnages aux histoires tellement réalistes: ça pourrait être vous, votre mère, votre patron et on se prend à réfléchir à notre propre rapport au travail.
L'Observatoire - 21 euros
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American spirits - Russel BANKS
Parution posthume du regreté auteur Russel Banks sous forme de trois nouvelles ayant pour toile de fond l'amérique trumpiste. Trois histoires qui abordent la violence, les tensions pouvant exister dans l'ensemble de la population, des personnes qui se cotoient mais qui donnent l'apparence (ou bien est-ce vraiment le cas) de ne plus pouvoir vivre ensemble.
Un ouvrage trop court pour profiter une dernière fois de la prose de l'auteur.
Actes Sud - 22.80 euros
Parution le 4 fevrier 2026
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Chroniques d'un dieu boiteux - Juan Lluis LLUIS
Héphaïstos, dieu du feu, des forgerons et des volcans, dernier survivant des habitants de l’Olympe, erre parmi les mortels et brasse les époques, dans un monde qui ne croit plus en lui. Fils d’Héra, il est dès l’origine marqué par l’abandon et la disgrâce : précipité du sommet divin à cause de sa difformité, il incarne un paradoxe fascinant, celui d’un dieu vulnérable, boiteux, mais doté d’un génie créatif inégalé.
Dans un récit magistral, tantôt mélancolique, tantôt plein d’ironie, Joan-Lluís Lluís explore les émotions, les contradictions et la solitude d’un dieu devenu presque humain. Et à travers ce regard divin désenchanté, c’est notre propre humanité qui est sondée, dans toute sa fragilité et sa beauté.
« Joan-Lluís Lluís est l’un des auteurs les plus particuliers que nous ayons sur la scène catalane actuelle. Ses histoires ne sont en rien conventionnelles, il nous emmène dans des voyages mystérieux auxquels nous ignorions que notre littérature pouvait conduire. » — Edgar Cotes Argelich (auteur)
Les Argonautes - 20 euros

























